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L’âge des Lumières
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24 février 2016 - La drogue chez Taddéi : ordre moral 1, libertés individuelles 0

aymeric_monville Bon, je me suis farci ce débat (émission du 19 février 2016). J’ai dû supporter en particulier le discours complètement délirant d’Aymeric Monville (photo), psychopathe clouscardoïnomane shooté à la psychanalyse, qui semble-t-il navigue un peu dans le sillage de Jean-Claude Michéa et pourchasse donc le croque-mitaine « libéral-libertaire ».

Quelqu’un lui dit que ça n’existe pas ou on le laisse s’amuser tout seul ? Totalement halluciné, ce type s’imagine aussi que le cannabis « porte une idéologie » (sic), alors que l’alcool, non. Complètement jeté, le mec. Il cite le Monde diplomatique (à propos du journal The Economist, qui défend depuis belle lurette la légalisation des drogues), mais il ne doit pas le lire si souvent, le Diplo.

« C’est difficile d’être addict au cannabis », a lâché de son côté l’auteure d’un livre intitulé « En finir avec les mafias ; sexe, drogue et clandestins : et si on légalisait ? ». Mais comment peut-on dire une chose aussi absurde, et aussi manifestement fausse ? Il n’est pas du tout « difficile » de devenir addict au cannabis. Le risque est même grand. Parmi les invités, une élue des Républicains, presque sympathique au demeurant (et pas excessivement obtue), qui voulait absolument que l’on dise que le cannabis est dangereux. Bien sûr que le cannabis est dangereux. Et alors ? Ce n’est pas parce que c’est dangereux qu’il faut l’interdire ! Vous voulez interdire tout ce qui est dangereux ? Ça va pas la tête ? Ce M. Bernard Leroy, par exemple, un autre invité de l’émission. Il est en surpoids. C’est dangereux pour sa santé. Il veut qu’on lui mette une contravention peut-être ? (On avait dit pas le physique, d’accord, mais ce type prétend nous dire ce qu’on doit fumer ou pas, donc il l’a bien cherché.) Et les gens qui font une tentative de suicide ? On les juge ? On leur met une contravention ? Et l’alcool, on interdit ? Et le tabac ? Et le ski hors piste ? Le base jump en wingsuit ? Le deltaplane ? La plongée en apnée ? Le rôle de l’Etat n’est en aucun cas de dissuader le citoyen de consommer telle ou telle substance, ou de le dissuader de trop manger, ou de ne pas assez manger, ou de marcher trop près du bord, ou de ne pas manger cinq fruits et légumes par jour. Le rôle de l’Etat est d’informer les citoyens sur les risques liés à tel ou tel produit disponible sur le marché, ou à telle ou telle pratique ; pas de leur donner des instructions.

L’ETAT N’EST PAS LA MAMAN DU CITOYEN.


Un autre intervenant (Michel Kokoreff, je crois) souhaitait que l’on adopte « une approche pragmatique ». Eh bien non ! Ce n’est pas une « approche pragmatique » qu’il faut adopter ; c’est une approche libérale.

Parce que, chose absolument effarante, le seul argument essentiel, fondamental et définitif en faveur de la légalisation des drogues - de toutes les drogues évidemment - n’a jamais été avancé ni même évoqué, en plus d’une heure d’émission. Cet argument, c’est bien sûr le principe de liberté individuelle, qui est pourtant l’un des piliers les plus importants de notre système politique, et plus largement, de notre société (à ce sujet voir aussi cette page, pour des propositions concrètes).
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »
Article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

Tout ce qui ne nuit pas à autrui. Est-ce si difficile à comprendre ? La première chose à dire, voire la seule, était donc simplement la suivante : la prohibition est, dans son principe, absolument inadmissible, monstrueuse, et contraire aux principes les plus sacrés de notre République et de notre société. La mise en œuvre et la poursuite de cette politique dictatoriale est un énorme scandale d’Etat, et il faut y mettre un terme immédiatement. Il n’y a même pas là matière à débat, puisque nous parlons du respect d’un principe fondateur de notre droit, de notre loi. Et encore une fois, cela vaut pour toutes les drogues. Or dans cette émission pourtant réputée (à juste titre) pour son éclectisme, absolument personne sur le plateau n’a été capable de porter cette parole de liberté. C’est une honte. Quelqu’un se souvient-il encore de ce qui fait que la France est la France ? Quelqu’un se souvient-il de ce que le nom de ce pays signifie de par son étymologie elle-même ? Tout cela est consternant et le mot est faible.

Mais oui, le cannabis est une drogue, un psychotrope, et ce à titre le cannabis est dangereux (et parler de « drogue douce » est très douteux). Eh non, nul ne peut dire à une personne majeure qu’il ne « faut pas » en consommer. Les personnes majeures consomment ce qu’elles veulent, point. Le seul devoir de l’Etat est de les informer, en aucun cas - je me répète mais c’est important - de les dissuader de consommer, ou même de leur donner des conseils. L’Etat n’a certainement pas à se donner pour but de faire baisser la consommation de drogues chez les personnes majeures. Le seul but que l’Etat peut et doit se donner est celui d’informer, et aussi, bien sûr, de réglementer (la production, la commercialisation, etc). Et ensuite, les personnes majeures consomment ce qu’elles veulent, c’est tout et cela n’est en aucun cas négociable.

Pour finir sur une notre infiniment plus positive : à l’issue de ce très pénible débat, les astrophysiciens Jean Audouze et André Brahic sont venus parler de l’Univers, et ont ainsi fait souffler un vent de science et d’optimisme des plus réjouissants. S’il faut voir cette émission, c’est surtout pour eux !